Comment réussir ses semis en godets quand on débute

Quand j’ai commencé le potager, les semis me semblaient compliqués. Trop précis, trop fragiles. Et puis j’ai découvert les semis en godets. Lentement. En faisant des essais. En ratant aussi.

Aujourd’hui encore, je les utilise chaque année, surtout pour démarrer la saison en douceur. Chaque année, je fais une partie de mes plants deux à trois mois avant la plantation en pleine terre. Cela me permet d’avancer tranquillement, sans stress, en laissant le temps faire son travail. Je vais t’expliquer comment je pratique, simplement, comme je l’ai appris au fil des saisons.

Pourquoi commencer par des semis en godets

Les semis en godets rassurent.
On voit ce qui se passe. On observe jour après jour. Une graine, un peu de terre, de l’eau, et le temps qui fait son travail.

Tu peux commencer les semis tôt dans la saison. Cela permet d’avoir des plants déjà prêts pour le jardin juste après les dernières gelées. Chez moi, les gelées matinales peuvent encore arriver jusqu’à la mi-mai.

En pratiquant ainsi, tu gagnes du temps. Dès que le temps devient plus clément, tu peux déjà mettre en place des plants bien formés, qui n’attendent qu’une chose : continuer à pousser en pleine terre.

Par rapport au semis direct, c’est plus simple quand on débute. La levée est plus régulière. Les jeunes plants sont protégés du froid, des pluies trop fortes, des limaces aussi. On contrôle mieux l’arrosage et la lumière.

Suivant la saison, tu peux commencer tes semis en godets de plantation et les laisser à l’extérieur. Quand il fait plus frais, une petite serre suffit pour protéger les pots tout en les gardant dehors.

Ils profitent alors pleinement de la lumière naturelle. C’est un avantage certain pour les plantules, qui aiment grandir à l’air libre et s’endurcir doucement.

J’y vois surtout une chose importante : on apprend en regardant pousser.
C’est la même logique que dans les semis simples et fiables que je pratique depuis longtemps. Rien de compliqué. Juste des gestes compréhensibles.

Le matériel simple pour débuter

Inutile de s’équiper comme un professionnel. J’ai commencé avec très peu de choses, et je fais encore pareil aujourd’hui.

Il faut simplement :

  • des godets, récupérés ou achetés, un simple contenant dans lequel tu fais des trous dans le fond. Par exemple des pots de yaourt, des fonds de bouteilles en plastique, ou tout autre récipient équivalent,
  • un bon terreau pour semis. C’est important. Certaines années, j’ai essayé d’économiser en prenant du terreau plus simple, mais ça ne fonctionne pas bien. En jardinerie, on trouve des terreaux spécial semis, bien fins et équilibrés. C’est vraiment le meilleur choix à faire,
  • quelques graines. Si tu débutes, choisis des légumes faciles. Amuse-toi à semer en godets des salades, des courgettes, des choux, des blettes, en prenant des graines de qualité,
  • un plateau ou une caisse pour regrouper les godets. Si tu mets des petits plateaux étanches sous tes alvéoles de culture, tu peux ajouter un peu d’eau dedans sans arroser par le dessus et risquer d’abîmer les semences. Le but est simplement que la terre reste humide,
  • un arrosoir à pomme fine, ou un pulvérisateur. J’ai aussi utilisé une simple bouteille d’eau en plastique, avec le bouchon percé de petits trous. Ça fait un très bon petit arrosoir, doux et précis,

C’est tout.
Pas de tapis chauffant, pas de serre sophistiquée. La simplicité aide à rester attentif.

Les étapes essentielles pour réussir ses semis en godets

Après avoir nettoyé mes pots de culture et les avoir rincés avec une eau vinaigrée, je procède toujours dans le même ordre. Sans me presser. Chaque étape a son importance.

Préparer le terreau

Le terreau doit être léger. Aéré.
Je l’humidifie légèrement avant de remplir les godets. Juste assez pour qu’il se tienne quand je le presse dans la main.

Je ne tasse jamais fort. Juste quelques tapotements du fond de mon pot de culture sur la table de semis suffisent.
La graine a besoin d’air autant que d’eau. Un terreau trop compact ralentit tout.

Semer à la bonne profondeur

C’est souvent là que les débutants doutent. En réalité, c’est simple.

Je sème peu profond.
La règle que je garde en tête : pas plus profond que la taille de la graine. Parfois à peine recouverte. Pour certaines, je me contente d’un voile de terre.

La plante sait où aller. Il ne faut pas l’enfermer.

Arroser sans noyer

Après le semis, j’arrose doucement.
Jamais en jet direct. L’eau doit descendre lentement, sans déplacer la graine.

Ensuite, je surveille. Le terreau reste humide, mais jamais détrempé.
Un excès d’eau étouffe plus sûrement qu’un léger manque. Si tu utilises un petit bac sous tes pots, pense à vérifier régulièrement qu’il n’y ait pas d’eau qui stagne dans le fond. Cela pourrait abîmer les plantules et compromettre le repiquage.

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Les conditions idéales après le semis

Une fois les godets prêts, tout se joue sur trois points : la lumière, la chaleur et la patience.

Je place les semis près d’une fenêtre bien lumineuse, sans soleil brûlant. La température reste stable, sans grands écarts. Et j’évite les courants d’air.

Si tu mets tes godets de plantation à l’extérieur, évite de les poser plein sud, là où le soleil frappe fort. Préfère un endroit lumineux mais plus doux.

Observe régulièrement tes plants et pense à arroser au bon moment. À l’extérieur, la terre sèche plus vite, surtout les jours venteux ou ensoleillés.

L’humidité se régule surtout par l’observation.
Si la surface sèche trop vite, j’ajuste. Si elle reste sombre et froide, je ralentis.

Le calendrier compte aussi. Je m’appuie souvent sur le bon moment pour semer, afin de ne pas aller trop vite. Le jardin n’aime pas la précipitation.

Je commence mes semis dès la fin février pour les tomates et les choux. Début avril, je sème les courgettes et les salades. Puis, dès qu’il y a de belles journées en avril, je sors les plants pour qu’ils s’habituent doucement à l’extérieur.

Je ne les mets jamais dehors du jour au lendemain. Cette acclimatation demande un peu de temps et d’attention, mais c’est elle qui conditionne les futures récoltes, et les bons repas partagés en famille.

Les erreurs courantes quand on débute

J’en ai fait beaucoup. Et j’en fais encore parfois.

Beaucoup de difficultés rencontrées au semis viennent de petits gestes mal ajustés, souvent faits avec de bonnes intentions. C’est souvent en prenant conscience de ces erreurs fréquentes au semis qu’on progresse le plus vite.

Les plus fréquentes :

  • semer trop serré. C’est souvent le cas quand on sème en barquette. J’interviens alors rapidement avec un petit morceau de bois pour soulever légèrement quelques plantules et en enlever, afin d’aérer,
  • trop arroser, par peur que ça sèche. Attends de voir la surface sécher un peu avant d’arroser de nouveau. Surveille bien, et reprends l’arrosage au bon moment,
  • manquer de lumière. C’est très important, et ça peut faire perdre une bonne partie des plants. Même si la germination s’est bien passée, on ne s’en rend pas toujours compte : les plantules filent, montent, puis se couchent. C’est souvent loupé.

Ça m’est arrivé plus d’une fois. C’est pour cette raison que j’éclaire aujourd’hui mes plants avec de grands néons LED spécialement conçus pour les semis,

  • vouloir tout faire trop tôt. Il faut être attentif au moment du semis, en tenant compte de ta région. Semer trop tôt m’est déjà arrivé, et avant même de pouvoir repiquer, les plants jaunissaient par manque d’azote.

Dans un petit pot, quand le plant devient grand, il n’a plus assez de nourriture. On est alors obligé de faire des apports, ce qui complique les choses. À l’inverse, si tu sèmes un peu plus tard, les plants seront peut-être plus petits à la mise en place, mais ce n’est pas grave. Ils rattrapent très vite leur retard une fois en terre,

Rien de grave.
Chaque erreur montre quelque chose. Les erreurs de semis font partie du chemin. Elles apprennent à regarder autrement.

Prendre confiance avec ses premiers semis en godets

Les premiers semis ne sont jamais parfaits. Et ce n’est pas le but.
Ce qui compte, c’est ce lien discret qui se crée entre la graine et celui qui l’arrose.

Avec le temps, on reconnaît une levée vigoureuse. On sent quand il faut attendre encore un jour. On gagne en calme.

Tu verras, quand on est passionné, on apprend beaucoup plus vite. Les erreurs sont juste là pour te permettre de rebondir, et d’avancer encore un peu mieux lors des prochains semis.

Les semis en godets ne sont qu’un début. Une petite porte ouverte sur le reste du jardin, qui avance à son rythme, tranquillement.


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