Ce que j’ai volontairement laissé de côté dans mon potager
Quand j’ai commencé mon potager, j’ai très vite compris une chose : je ne pourrais pas tout faire.
J’avais aussi une envie très simple : planter mes premiers légumes rapidement, voir des résultats concrets et encourageants, avec des gestes faciles à mettre en pratique.
C’est tellement beau de voir pousser ses légumes, et tellement gratifiant. Cela donne un vrai coup de boost au moral.
Pas par manque de volonté, mais parce que tout faire demande du temps, de l’énergie et une attention constante. Or, je voulais un jardin qui s’intègre à ma vie, pas l’inverse.
J’étais entouré de conseils, de méthodes, de listes de choses à faire absolument. Très vite, j’ai senti le trop-plein arriver. Alors j’ai choisi de trier. De garder l’essentiel. Et d’assumer ce que je laissais volontairement de côté.
Pourquoi j’ai fait le choix de ne pas tout faire
Au départ, je pensais qu’un potager réussi passait par une accumulation de bonnes pratiques. Plus je lisais, plus la liste s’allongeait. Et plus je me sentais dépassé.
Ce n’était pas un renoncement.
C’était une manière de rester concentré sur ce qui comptait vraiment pour moi : observer, cultiver, récolter, et y prendre plaisir.
Qu’on soit débutant ou plus aguerri, on ne sait jamais tout.
J’ai vite compris que le principal, c’était la formation, mais pas n’importe comment : chercher des informations fiables, bien ciblées sur un point précis à la fois.
Cette façon de faire m’a fait gagner du temps, m’a évité de me disperser, et m’a permis d’avancer plus vite, avec de meilleures réussites.
En laissant de côté ce qui risquait de me disperser, j’ai retrouvé une forme de calme.
Les éléments que j’ai volontairement laissés de côté
Je n’ai pas tout rejeté définitivement. J’ai simplement mis certaines choses de côté, pour plus tard, ou peut-être jamais. Sans jugement. Juste par cohérence avec mon moment de jardinier.
Dans mon jardin, j’avais l’idée de créer une véritable mare pour favoriser la biodiversité. Sur le papier, c’était séduisant. Mais dans la réalité, cela demandait beaucoup de travail, des choix techniques précis et une mise en œuvre soignée pour que ce soit vraiment réussi. J’ai fini par y renoncer.
Plutôt que d’abandonner complètement l’idée, je l’ai transformée. J’ai mis en place de petites zones ici et là : quelques pierres posées ensemble, un tas de branchages, des coins volontairement laissés tranquilles.
Des choses simples, rapides à installer, mais suffisantes pour créer de petits refuges pour la faune du jardin.
Le résultat, pour moi, était là. J’avais ce que je cherchais : plus de vie, plus de diversité, sans alourdir mon quotidien.
En procédant ainsi, j’ai allégé ma charge de travail tout en respectant l’esprit que je voulais donner à mon jardin.
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Pour t’aider à identifier l’essentiel pour toi en ce moment, j’ai préparé une courte checklist. Elle t’aide à faire le point sur ton temps, ton énergie et tes priorités, afin de décider calmement ce que tu peux laisser de côté pour cette saison.
Ce qui demandait trop de temps ou d’énergie
Très tôt, j’ai identifié ce qui me prenait plus que ce que ça m’apportait. Des gestes répétitifs, des suivis trop précis, des installations complexes à entretenir.
Je me souviens de périodes où je passais plus de temps à gérer qu’à regarder pousser. Mesurer, contrôler, ajuster sans cesse. À ce moment-là, j’ai senti que quelque chose clochait. J’avais moins d’élan, moins de plaisir.
Un exemple très parlant a été celui des allées du jardin. Je voulais des passages propres, bien dessinés, recouverts de copeaux, quelque chose de net et agréable à l’œil.
Sur le principe, c’était joli. Mais dans la réalité, c’était un entretien régulier, répétitif, et pénible à tenir dans le temps.
J’ai fini par lâcher. J’ai abandonné l’idée d’allées parfaitement entretenues. J’ai laissé l’herbe pousser dans les passages et, de temps en temps, un simple coup de débroussailleuse suffisait.
Résultat : un gain de temps énorme, et beaucoup moins de charge mentale.
C’est là que j’ai eu de belles surprises. Dans ces zones moins entretenues, j’avais planté plusieurs pieds de courges et de citrouilles. Je n’y ai quasiment rien fait.
En revanche, j’avais pris soin, au départ, de bien préparer la terre et de nourrir les plants. Ensuite, j’ai laissé faire.
Les récoltes ont été très bonnes. Tellement bonnes qu’il m’est même arrivé, en marchant dans l’herbe, d’écraser une courge sans l’avoir vue tellement il y en avait.
Avec le recul, j’ai compris que ces herbes avaient joué un rôle important. Elles apportaient un ombrage naturel, conservaient mieux l’humidité, et créaient un microclimat favorable.
Les plants en ont clairement profité.
En simplifiant l’entretien des allées, j’ai fait d’une pierre deux coups : moins de travail pour moi, et de meilleures conditions pour les cultures.
Moins faire, mais mieux. Et surtout, à mon rythme.
C’est là que j’ai compris une chose simple. Au potager, tout ne se fait pas en même temps.
Ce qui n’était pas prioritaire au départ
Certaines pratiques sont intéressantes, parfois même séduisantes. Mais quand on débute, tout n’est pas indispensable.
Je me dis souvent que la terre se laisse planter.
Pour moi, la base a toujours été là. J’ai donc passé beaucoup de temps à améliorer mon terrain, à nourrir le sol, à chercher une terre vivante et riche.
C’est là que j’ai mis l’essentiel de mon énergie.
En contrepartie, j’ai volontairement laissé de côté tout ce qui relevait surtout du visuel. Les aménagements parfaits, les détails esthétiques, ce qui fait joli mais n’aide pas forcément les plantes à pousser.
J’ai concentré mes efforts sur le pratique, sur ce qui nourrit vraiment le potager.
Les résultats ont suivi. Des récoltes généreuses, adaptées à nos besoins, mais aussi suffisamment abondantes pour en faire profiter la famille, les amis.
Le jardin, pour moi, n’est pas seulement un lieu de production. C’est aussi un lieu de partage.
Ce choix m’a permis de poser des bases solides, sans me perdre dans des équipements ou des méthodes qui auraient compliqué mes débuts.
Ce que cette simplification m’a apporté
En allégeant mon potager, j’ai gagné en sérénité. Je savais ce que je faisais, et surtout pourquoi je le faisais.
Mes gestes étaient plus réguliers, plus justes.
C’est bien beau d’avoir un potager visuellement esthétique. Et c’est très satisfaisant d’avoir un potager qui produit.
À un moment, j’ai choisi. Je voulais des légumes. Et j’ai des légumes.
L’esthétique, pour moi, est passée au second plan.
J’ai aussi retrouvé du plaisir. Celui de passer au jardin sans liste mentale interminable. De faire un tour le matin, de soulever le paillage, de regarder la terre. De m’arrêter quand il le fallait.
Cette simplicité m’a aidé à durer. À revenir chaque saison avec la même envie.
Et, finalement, à avoir un potager plus productif, parce qu’il était mieux suivi, sans pression.
En quoi cette approche s’inscrit dans une vision simple et vivante du potager
Laisser volontairement des choses de côté, c’est accepter que le potager soit un lieu vivant, pas un projet à optimiser en permanence.
C’est faire confiance au temps, au sol, aux plantes, mais aussi aux animaux qui trouvent naturellement leur place dans cet équilibre.
Cette démarche s’inscrit pleinement dans ma manière de concevoir le potager, simple dans les gestes et vivant dans son fonctionnement.
Si tu veux comprendre ma façon de voir le potager et la philosophie qui guide mes choix, j’en parle plus en détail dans Potager simple et vivant.
Trouver son propre équilibre au potager
Ce que j’ai laissé de côté dans mon potager m’appartient. Mes choix sont liés à mon contexte, à mon énergie, à mon envie du moment. Et ils ont évolué avec le temps.
Mais s’il y a une chose que j’ai apprise, c’est qu’on a le droit de ne pas tout faire. Surtout quand on débute.
Toi aussi, tu peux avoir le potager qui te ressemble.
Cela passe par des choix assumés.
Et ces choix t’aideront souvent à en faire moins, pour récolter plus de légumes, et surtout plus de satisfaction.
Se recentrer sur quelques priorités claires. Avancer pas à pas. Faire des choix simples, réversibles, et rassurants.
C’est souvent ce qui permet de durer, de progresser, et de garder intact le plaisir d’aller au jardin.

